Pourquoi PNH?

Cavalière depuis mes trois ans, je n’ai pourtant jamais été une férue de concours. 
Non, mon rêve à moi c'était de faire comme le jeune Alec et son étalon noir Black : créer un partenariat avec mon cheval.



(Bon, sans aller jusqu’à manger des algues ensemble, il va s’en dire...)

Comme bon nombre de cavaliers, je n’ai au départ côtoyé les chevaux qu’à travers les cours du mercredi matin et du samedi après midi (en plus des innombrables magasines couvrant ma table de nuit). Toutefois, contrairement à la plupart des mes camarades, je préférais d’ores et déjà passer du temps à m’occuper du poney qui m’était attitré, en le brossant ou en l’emmenant brouter l’herbe fraiche bordant les carrières, plutôt que d’enchainer les parcours d’obstacles.


J’ai eu l’incroyable chance de pouvoir entrer dans le monde des propriétaires dès l’âge de quinze ans, mes parents m’offrant Opale, une connemara de six ans, qui, sans que je ne le sache encore, allait devenir mon premier maître d'école dans le monde des chevaux.





Notre première année ensemble s’est plutôt bien déroulée. Je passais mes week-ends entiers à l’écurie, n’ayant


pas la possibilité de venir en semaine à cause de la distance. Non, en fait nos rapports ont commencé à sérieusement se dégrader lorsque nous avons du changer de pension, afin de limiter les trajets. À ce moment, Opale est passée d’une formule boxe- paddock à une pension complète au pré, en troupeau.

Mon arrivée dans cette nouvelle écurie m'a tout d’abord permis de découvrir l'aspect plus sportif de l’équitation, à travers des cours plus réguliers et quelques sorties en compétition. Cela m'a au départ beaucoup plu, du moins tant que ma jument ne montrait pas de signes de désagrément. Mais les semaines passant, les soucis de comportement semblaient s’accroitre au fur et à mesure des jours. Les moniteurs de l’écurie n'avaient alors aucune solution à me proposer, afin de résoudre mes problèmes du moment, à savoir: ne pas passer deux heures à attraper ma jument au pré, pouvoir lui mettre le filet sans qu'elle ne se lève, ne plus me battre pendant nos séance de travail, ect.
C’est ainsi que s'est faite ma première rencontre avec le Natural Horsemanship. Après de nombreuses recherches sur internet, je découvre cette approche qui s’appuie sur un discours cohérent, honnête mais aussi très déstabilisant pour la passionnée que je suis. En effet, tout ce que je pensais savoir des chevaux était d'un seul coup remis en cause. La pilule n'a pas été très évidente à avaler, mais armée de mes DVD la Cense (qui rencontrait un vif succès en 2010), j'ai entrepris la rééducation complète de ma jument. Les années se sont vite écoulées et je touchais enfin du doigt mes rêves les plus fous.




A travers cette approche, j'ai alors pu réalisé ce que je recherchais réellement avec un cheval: la compréhension, la communication et la psychologie, dont découlent alors naturellement complicité, innovation et performance.

Ma belle Opale m'avait déjà appris énormément de choses, mais ce sont ces derniers enseignements qui furent les plus capitaux. Je compris qu’il était temps pour moi de trouver mon cheval de coeur.
Voilà comment Kumo est entré dans ma vie. American curly horse on ne peut plus vert dans son éducation, très attachant mais avec des idées bien précises en tête. Ses débuts sont très prometteurs : il me surprend par son intelligence, sa capacité d'adaptation et la relation déjà très complice que nous avons entrepris. J’ai établi des bases solides et nos progrès vont à une vitesse qui me désarçonnent moi même!

Mais les parcours équestre sont aussi fait d’égarements, de rencontres et parfois, de passages à vide.


Aussi l’écurie dans laquelle nous évoluons bouge pas mal et devient une véritable fabrique de champions, avec lesquels je m'entends très bien. Mes vieux démons me rattrapent et l'envie d'évoluer « classiquement » me reprend soudainement. Oubliant l’adage de « ne pas mettre la charrue avant les boeufs », Kumo s’empresse de me rappeler à l’ordre et nous retournons vers les fondamentaux que j’avais omis de correctement mettre en place, avant de vouloir me spécialiser dans une discipline.




L'hiver et ses grands questionnements éthiques arrivent déjà et le reportage la « Voie du cheval » qui bouscule la toile, me pousse à m'interroger sur mon approche équestre et du cheval en général. Mais à trop se questionner seule, et non en tentant de trouver un appui auprès de personnes compétentes, on prend souvent des décisions radicales, qui ne sont pas forcément très judicieuses. C’est ce qui va nous arriver, puisque je décide de ne plus monter Kumo et d’abandonner l’approche que j’épousais jusqu’alors, celle de la Cense, dont les fondations me paraissent désormais trop fragiles et pas suffisamment globales pour répondre à nos besoins.
Cette pause fut certainement salvatrice dans notre relation. Kumo prenait le temps de vivre pleinement sa vie de cheval dans un milieu naturel (en troupeau sur de grands hectares) et quand à moi je me recentrais sur mes études, profitant de mes heures libres pour aller le promener en main, ou simplement passer du temps avec lui, au pré, à ne rien faire.

Heureusement la vie est aussi faite de rencontre! Celle que je m’apprêtais à faire allait être décisive dans ma vie équestre! En effet, l’été arrivant et les examens de l’université validés, je pouvais de nouveau m’adonner à ce qui me passionnait le plus: en apprendre davantage sur les chevaux! Je lisais et visionnais tout ce qui me tombait sous la main, forgeant de plus en plus mes opinions et mon sentiment équestre.



Ma curiosité fut toutefois piquée à vif, lorsque je tombai sur un débat virtuel qui tentait de mettre en avant les différences entre l’approche PNH et celle de La Cense. Quelle ne fut pas alors ma surprise et ma joie en découvrant cet univers incroyablement vaste qu’est Parelli, comparé à l’approche française, dont j’avais constaté les lacunes quelques mois auparavant! Décidée à en apprendre bien plus, tout mon salaire gagné pendant mon job d’été partit couvrir les frais des DVD, livres, nouveaux matériels et inscription au savvy club.
Un des discours de Pat me marqua plus particulièrement, et fut un réel tournant dans ma prise de conscience sur l’absurdité de la pratique équestre dans laquelle j’avais auparavant voulu m'engager:

"La plupart des gens gens n'atteignent jamais l'excellence avec les chevaux et, sans même en avoir conscience, ne baignent que dans la médiocrité. Le cavalier qui sort en concours et remporte la première place alors qu'il a toujours des problèmes pour faire monter son cheval dans le van pour rentrer chez lui est l'exemple type de quelqu'un qui confond succès et médiocrité. Beaucoup investissent leurs efforts et leur énergie à devenir de grands cavaliers de concours, au lieu de devenir de grands hommes de chevaux. Ils ne voient que l'aspect compétitif de la victoire. En fait, ils leur manquent tous les fondements naturels.


Un fondement est par définition quelque chose de fort, de solide, de vrai. Il s'agit pour nous de fonder une relation naturelle entre l'homme et le cheval, une relation à vie: le Natural Horse-Man-Ship. »
Cette méthode d’apprentissage était avant tout faite pour les humains (et non une énième technique pour dresser les chevaux), afin de développer et d'affiner notre propre perception du cheval, pour devenir autonome dans notre relation équine, où « la relation prime-ra toujours sur la technique » .
Dès lors, je crois que ne pourrai jamais assez remercier Linda et Pat Parelli pour ce qu’ils m’ont apporté en si peu de temps. Pas seulement avec les chevaux, mais aussi dans la manière où ils font, je l’espère, de moi, une personne meilleure, un peu plus chaque jour. Parce qu’il me semble que le véritable enseignement des chevaux est là: nous rendre plus humains.

Aujourd’hui, après avoir validé une année préparatoire en Arts appliqués, qui m’a quelque peu éloignée des chevaux, j’ai pour souhait de me recentrer sur ma passion et continuer de developper mon horsemanship, à travers l’enseignement de l’approche Parelli. 




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