jeudi 18 février 2016

L'utilisation du renforcement positif, ou quand la carotte n'a jamais autant fait parler d'elle.


 

 

Oui? C'est de moi qu'on parle?

Ah cette fichue carotte!
Pour certains non-végétariens elle serait douée de sentiments.. Aussi les bouffeurs de salade devraient éviter de trop l'ouvrir en plein Thanksgiving (oui Michel tu es toujours un assassin, même si tu ne manges que des graines).
 


Pour d'autres elle est le mal en personne dans le travail du cheval (#teamAntan), alors que certains en ont fait leur outil principal (#teamTurfu). Et puis au milieu de tout ça il y a ceux qui ne prennent pas parti, qui font un peu au feeling mais qui aimeraient quand même en savoir plus sur son utilité (#teamSuisse). Parce que ma foi la carotte ça rend aimable, alors pourquoi pas en filer de temps en temps à Pompon (il apprendra peut être enfin à mettre les oreilles en avant le gredin!), puis pour le motiver c'est pas si mal, avouons le! Maintenant de là à en faire sa croix et sa bannière: merci mais non merci.

  • Pourquoi la #TeamAntan n'a rien compris (du moins quand elle donne ce genre d'arguments)

* Les sucres ça rend Polie agressif

Non les sucres ça ne rend pas Polichou agressif si Propriétaire de Polichou apprend:

  1. à les distribuer correctement
  2. à Polichou à les recevoir

Des chevaux que j'ai eu la chance de rencontrer, ce sont plus souvent ceux ayant l'habitude de travailler avec la nourriture qui se montraient les plus respectueux envers elle. Généralement parce que l'humain du dit poney avait pris le temps de mettre en place des règles et savait correctement utiliser cet outil.

On a tous (enfin plus ou moins) appris étant môme à ne pas se jeter sur la nourriture. Pour un cheval c'est la même chose. Donc si maman a réussi à m'apprendre la patience face à un énorme brownie (et pourtant dieu sait à quel point je suis une morfale), ça ne devrait pas être très compliqué d'inculquer la même chose à Maurice le shetland. Surtout qu'entre eux, au pré, ils savent très clairement établir ces principes (et même que tu l'as déjà constater!)et dire qui va avoir accès à la botte de foin en premier.

Dès lors, cette gestion de la frustration et surtout de l'attente, du calme, face à la nourriture peut totalement être mise en place.

Dire que Pompon ne peut pas être travailler avec de la nourriture parce qu'il est ingérable, alors que l'on prétend faire de l'équitation éthologique, c'est comme affirmer que Pompon ne peut pas travailler dans cette carrière parce que ce bidet lui fait peur (d'où le fait que vous préfériez aller dans le manège). On contourne le problème, on le résout pas.

Utiliser la nourriture peut d'ailleurs être un très bon indicateur sur là où on en est dans la relation avec son cheval. Si un brin d'herbe, ou une friandise, sont 90% de temps plus persuasifs que vous, il est justement temps de les inclure dans votre progression pour rétablir l'équilibre!
 

*Après il ne va travailler que pour la bouffe

Bon déjà je pars du principe que mon poney ne va pas travailler avec moi. Parce que le travail, comme on l'a tous expliqué au moins une fois dans une introduction de dissert' de philo, ça signifie "tripalium" =instrument de torture, bref truc pas franchement cool, auquel tu es obligé de te soumettre.

Non, avec mon poney j'essaye de m'amuser (et crois moi ça marche bien de son côté, parce qu'il se joue beaucoup de moi..).
J'ai effectivement envie que mon cheval trouve fun que l'on fasse des choses ensemble. Donc il faut qu'il y trouve son compte! Et il s'avère qu'une friandise est parfois bien plus valorisant qu'un tapotement sur l'encolure, qu'un retrait de la pression, ou qu'un "oui c'est bien" accompagné d'une caresse.

Puis tout simplement parce que Caramel aime la bouffe et que c'est toujours chouette, entre potes, de bouffer des bonbecs au cours de l'après midi (Mon Cheval = My Friend Forever).
 

*C'est son rôle de cheval de se soumettre à nos exigences sans "rien" espérer en retour (à savoir une friandise)

Ce genre de remarque est vraiment à l'opposé de ma conception de l'équitation et plus largement de mon rapport aux animaux (mais c'est très personnel je te l'accorde, tu peux passer au point suivant).

Oui bien entendu que je dois établir des règles dans notre relation, parce que Vroumvroum (il est pas genre trop cool ce nom?) vit dans un monde d'humain et que pour s'épanouir un minimum il vaut mieux pour lui qu'il soit manipulable (surtout lorsque l'on connait le nombre de personne persuadé que l'éducation d'un cheval se résume à la "baffe éthologique").

En revanche je suis entrée dans sa vie et non l'inverse. J'ai donc le devoir de m'occuper correctement de lui en répondant à ses besoins de chevaux et parce que je n'ai pas qu'envie de l'admirer dans son pré, je me dois d'apprendre à communiquer de la manière la plus juste possible avec lui.

Black est né cheval et vit très bien ainsi, même sans moi. Je souhaite donc que notre relation se base sur un partenariat à 49/51, où nous avons chacun nos responsabilités, où nous trouvons chacun notre compte et où je m'efforcerai d'utiliser le bons sens et la psychologie, plutôt que la domination, la manipulation et la force, pour parvenir à mes objectifs. Alors avant de chercher à ce qu'il obéisse à tout prix, j'apprendrai à devenir un bon leader qui saura suggérer, proposer, convaincre, plutôt qu'obliger

  • Qu'est ce que l'on apprend de la #TeamTurfu, sans pour opter adopter complètement leur système éducatif (=clicker training)

* Le clicker, c'est pas un gadget
 

Je vais ici parler du clicker training et non pas du renforcement positif comme on le conçoit de manière globale (= ajouter quelque chose d'agréable pour augmenter les probabilités qu'un comportement se répète)

Alexandra Kurland, pionnière en matière de clicker training avec les chevaux, a ériger des grands principes pour devenir un bon éducateur, ou "clicker trainer". Ce qui va donc plus loin que le simple "clic + bonbon" dont on parle beaucoup en ce moment sur le net.

Ici, il s'agit d'une approche éducative, avec sa philosophie, ses outils et ses techniques, au même titre que c'est qu'est l'équitation éthologique.

Personnellement j'y ai trouvé énormément de points communs avec PNH, depuis que j'ai enfin pris le temps de m'investir dans cette approche et non pas de rester camper sur ma position de Mme j'aitoutvutoutvécu, "parce que tu comprends, Parelli je sais ce que c'est, je fais de l'équitation étho depuis super longtemps".
 
- Crédit photo: Irish Clicker Center

1/ La sécurité vient toujours en premier : si tu ne sens pas à l'aise avec un exercice, écoute toujours la petite voix qui résonne à l'intérieur de toi. C'est ton système de guidage, qui t'informe qu'il manque une pièce à ton entrainement pour que celui-ci fonctionne

2/ Pense positif : focalise toi sur ce que tu veux que ton cheval fasse et non sur le comportement indésirable

3/ Sois un "splitter" et pas un "lumper": divise chaque leçon en plusieurs petites étapes. Enseigne un élément du comportement à chaque fois.

4/ Utilise des "baby steps" : augmenter la difficulté et nos exigences tout doucement, afin que le cheval ne rencontre pas de frustration et sois systématiquement dans un schéma de réussite où il est toujours récompensé.

5/ Ne demande pas la perfection à chaque fois : lorsque tu introduis un nouveau critère ou un autre aspect du comportement, rabaisses temporairement tes autres critères.

6/ Si un comportement se détériore, reviens en arrière, au stade précédent de l'entrainement: si ton cheval se désintéresse ou est désorienté, c'est que tu as surement été trop exigent trop tôt. Reviens au stade où ton cheval réussissait et reconstruit ta séance à partir de là.

7/ Garde la balance équilibrée : pour tout exercice que tu apprends, il y a un exercice contraire que tu dois aussi enseigner, afin de conserver un équilibre. Par exemple, si tu apprends à ton cheval à avancer, tu dois aussi lui apprendre à s'arrêter.

8/ Si un processus d'apprentissage n'entraine pas de progrès, créer en un autre: il y a TOUJOURS une autre manière d'arriver à ses fins. Il n'y a pas une seule manière d'enseigner. Et ceci est un constat très important et optimiste dans une approche éducative et particulièrement vraie et vérifiable en clicker training.

9/ Il n'y a pas de limites : si tu peux l'imaginer, ou le rêver, tu peux l'enseigner. Qu'importe le type de cheval que tu as, où les problèmes aux quels tu fais face.

Je pense que l'on peut très activement s'inspirer de ces principes, qui finalement, recoupent pour beaucoup, ceux de Parelli.

Ce que je cherche à démontrer en exposant ainsi le discours d'Alexandra Kurland, c'est que l'un des outils (=la bouffe!), bien qu'essentiel, de son approche ne fonctionne et donne des résultats concrets que selon un schéma particulier.
Donc dire: "le renforcement positif ou pire, le clicker, j'ai essayé et ça n'a pas fonctionné", c'est faux! En revanche il est fort probable que certains éléments m'aient échappée, et que j'ai loupé un ou des ingrédients capitaux quelque part.

Ce concept éducatif du cheval suit donc une progression clairement définie, qui bien que constamment ajustable à l'équidé que vous avez face à vous (et c'est à mon sens ce que l'on doit chercher en priorité dans une "philosophie et manière d'être" avec les chevaux), dispose d'exercices et de principes précis, qui sont appris selon un ordre particulier, parce qu'ils se complètent mutuellement et sont interdépendants. Un peu comme en PNH : si ton jeu de l'amitié n'est pas bon, ton jeu du porc épic sera mauvais, ect (vous vous souvenez des poupées russes? Là c'est pareil: tout est lié!).

C'est un procédé vraiment très intéressant qui évite l'échec pour l'animal et implique beaucoup de clarté de la part de l'humain (et dieu sait que les poneys aiment ça.. La clarté!) ).

Finalement le risque avec le clicker (mais l'analogie est tout aussi vraie en équitation éthologique, mais où on se retrouve souvent avec l'effet inverse, soit un cheval robot) c'est d'aborder plein de choses différentes parce qu'on a enfin la motivation du cheval, sans jamais appréhender l'approche dans son essence même (pourquoi j'aime et je fais ça), ni réellement consolider certains exercices avant de passer au suivant, ou de créer un lien entre chaque, voir même de poser des bases très claires (qui vont bien plus loin que le principe de politesse!), qui avorisent l'épanouissement pour le cheval et son propriétaire. En gros on se retrouve avec un cheval qui nous sort des jambettes à foison dès qu'il voit la carotte. Croyez moi, c'est certes joli, mais c'est pas pratique.

Je n'évoquerai pas plus en détails les tenants du clicker, qui impliquent, vous l'aurez compris, bien plus de choses que le simple clic + bonbon - entre autre la gestion de l'environnement, la construction précise des séances, la mise en place des consignes, les différentes valeurs de renforcement, le loopy training, l'équilibre constant entre "apprendre un comportement et son inverse", ect - parce que j'ai fait le choix de ne pas continuer l'éducation de mon cheval par le biais de cette approche. Toutefois j'y ai appris beaucoup et en particulier sur le renforcement positif et comment je pouvais désormais l'utiliser avec mon cheval.
 


* Le marqueur c'est trop génial

 
Qu’est ce que le « clic » en clicker training ? Le clic est votre « oui! ». C’est un marqueur, un appareil photo qui fixe précisément ce que vous vouliez.

Vous pouvez utiliser la petite boite en plastique avec une languette métallique standard, ou un bruit, un mot avec une intonation particulière (yes! / ouiiii / cloque avec la langue)

Pourquoi c'est intéressant? Parce que ça permet au cheval de savoir exactement ce que vous attendiez de lui. Ainsi, même si votre friandise arrive trois seconde après le comportement désiré, votre cheval sait pertinemment ce que vous avez récompensé. Une friandise qui arrive à la fin d'un exercice ne signifie pas grand-chose. En revanche si vous avez dit "ouiiii" lorsque Caramel a touché tel plot, ou pris telle attitude, et surtout que Caramel sait ce que signifie "ouiiii" ("Oh chouette, parce que j'ai fait tel truc, elle a dit "ouiiii" donc je vais avoir un bonbon"), Caramel a plus de chance de reproduire ce comportement la prochaine fois (bref, dans sa tête, le circuit est bien plus rapide).

Toutefois il faut au préalable conditionner de manière « Pavlovienne » votre cheval à tel ou tel marqueur, afin qu'il soit certain que tel bruit signifie tel acte de votre part et d'éviter toute frustration ou confusion.

Donc si un coup vous cliquez, ou vous criez "ouiii" mais ne récompensez qu'une fois sur deux, vos résultats seront bien moins probants et Chonchon va commencer à sacrément tirer la tronche.


Caractéristiques d’un bon marqueur :

  • distinct
  • unique
  • neutre (sans émotion) - si l'on travaille en clicker-
  • rapide/bref
 

* Etablir des règles de politesses (pour les personnes pratiquant -vraiment bien- Parelli il n'est pas nécessaire de passer par ces étapes) et "charger" le cheval.
 

Le cheval et le cavalier doivent tout deux apprendre à interagir en présence de friandise.

Si vous souhaitez utiliser le principe du marqueur exposé plus haut, voici les étapes qui vont pouvoir vous être utiles pour "charger" votre cheval. Sachez que ces dernières ne sont toutefois pas capitales pour que votre équidé comprenne ce que signifie votre marqueur . En effet, si vous employez constamment un marqueur au cours de vos séances, en faisant toujours bien attention de le faire suivre d'une friandise, votre cheval comprendra très vite ce qu'il signifie. Cependant le fait de l’enseigner de manière isolée, permet de lui donner beaucoup plus efficacement du sens, tout en instaurant les règles de politesses.

  • Le chargement

Qu'est-ce que le chargement?
 
C'est l'association du marqueur de votre choix à la récompense alimentaire.

Au départ votre cheval doit comprendre que votre marqueur est un son agréable, qu'il signifie qu'il va être récompensé. Il marque le comportement que vous souhaitez avoir, tel le déclencheur d'un appareil photo.

Ainsi, en préparant votre leçon et pendant cette dernière, imaginer toujours que votre marqueur est un appareil photo, que vous déclenchez à chaque fois que votre cheval offre le comportement que vous aviez imaginé en photo.

Pour ceux que le clicker effarouche de par sa distribution de très nombreuses friandises, je leur dirais que plus et mieux vous allez distribuer et plus vite vous allez pouvoir vous passer de friandises ensuite. Un rythme de renforcement très élevé (10 clicks et récompense par minute au minimum), un excellent timing et l'augmentation raisonnée d'un seul critère à la fois vous permettront de poser des fondations plus que solides.
Au contraire, jouer les radins au début, des attentes faramineuses de la part d'un cheval encore "vert" et une technique défaillante vous feront passer à côté des innombrables qualités et avantages du clicker training.


Comment charger le cheval




L'un des gros avantages du clicker, c'est que son utilisation est relativement simple (mais pas facile pour autant ), dans le sens où on a besoin de très peu d'équipement, si ce n'est un endroit (pour les premières leçons), où on peut être en contact avec le cheval sans que ce dernier risque d'envahir notre espace personnel (paddock, barrière de pré, box, porte...).

Quelques rappels importants:

  • lors du jeu de la cible, ne pas oublier de cacher la cible derrière son dos, une fois que le cheval l'a touchée
  • ne pas instaurer trop de difficultés trop vite (du style changer rapidement la place de la cible)
  • soyez sûr de marquer AVANT de mettre la main dans vos poches/sacoche - Atteindre les récompenses trop vite diminue le pouvoir de votre marqueur. Si vous pensez vous précipiter vers vos poches, imaginer que c'est le clic qui est le premier mouvement de votre main pour votre cheval. Même en clicker training, trop de chevaux sont "chargés" au bruit de nos poches et non à notre marqueur.
  • varier les friandises et mettre en place une hiérarchie afin d'utiliser les récompenses préférées en tant que "jackpot". Le jackpot sera utilisé lorsque le cheval a fait un gros/beau progrès lors de la séance. Il n'arrive donc pas systématiquement à la fin de la séance (il serait même assez déconseillé de l'utiliser comme "ultime friandise") et peut survenir plusieurs fois dans la séance.
  • -marquer le début et la fin de votre séance (jeter par exemple des friandises dans la mangeoire ou par terre lorsque votre session de chargement est terminée afin de ne pas frustrer votre cheval)*

Alexandra insiste énormément sur la mise en place d'un cadre, surtout quand elle travaille avec la cible: pour annoncer la fin de la séance on balance le reste de friandise par terre, ou dans la mangeoire et on s'en va. Le cheval comprend ainsi que la session (ou du moins celle-ci) est terminée. Pour annoncer le début d'une séance, certains entraineurs proposent de la matérialiser par la présence de la sacoche/banane.

  • Les règles de politesse

Comment donner les récompenses (parce que oui, là aussi il y a une manière de faire):

Alexandra incite énormément sur la manière de délivrer les friandises au cheval lors d'une cession:

"C'est vous qui contrôler la distribution de la nourriture"

Pourquoi? Ceci vous permet de contrôler le rythme de la leçon et de réduire les comportements agressifs.

 

Le travail avec la nourriture, contrairement à ce que l'on pourrait penser, permet de créer des règles autour d'elle, tout en l'utilisant. Il faut toutefois prendre le temps nécessaire pour instaurer ces règles, afin de transformer un cheval envahissant en un élève poli.

Il est donc capital de délivrer la nourriture là où on aimerait que le cheval soit. Si vous le récompensez dans votre espace corporel, vous l'encouragez involontairement à devenir envahissant.

Le travail en "zone sécurisée" (derrière une barrière, ou une porte) est parfait pour instaurer la politesse tout en restant protéger par les éventuelles réactions du cheval. Il est d'autant plus avantageux qu'il permet au cheval de découvrir ce qui marche et ce qui ne fonctionne pas, sans nous mettre en danger. En effet, à chaque fois que le cheval commence à fouiller nos poches, nous avons la possibilité de reculer. Le cheval comprend alors que ce genre de comportement ne lui apporte pas de récompense, alors que de toucher la cible nous fait activer notre marqueur et lui permet de les obtenir.

À la place de lui donner les friandises près de vous, vous étendez donc le bras en le dirigeant vers son poitrail, afin de le faire reculer et de lui donner la nourriture à l'intérieur de la zone sécurisée. À ce titre, il vaut mieux garder sa main fermée (un point fermé même), jusqu'à ce qu'elle soit là où vous voudriez que la tête de votre cheval soit. C'est un petit détail mais qui fait toute la différence.

  • Du coup, comment la #TeamSuisse peut utiliser les friandises et ce légume merveilleux?
 

* Selon sa personnalité ..

Si vous n'êtes pas très sûr.e de vous, que vous avez du mal à vous placer comme leader pour votre compagnon à crins, la récompense alimentaire ne va pas forcément vous être utile avec votre cheval, du moins pas de suite. En effet, votre cheval attend de vous que vous sachiez, que vous le guidiez, que vous soyez un bon leader. Travailler avec des friandises ne vous amènera pas franchement à sortir de votre zone confort et à l'étendre, mais au contraire à y rester en renforçant tout ce que vous faites déjà.
Aussi plutôt que d'envisager le renforcement uniquement dans le sens de votre cheval, faites l'inverse: les progrès (mêmes infimes) de votre cheval deviendront vos récompenses à vous et bien entendu à lui aussi, parce que c'est ce qu'il attend en priorité de votre personne!

Si vous êtes au contraire plutôt du genre très autoritaire, trop axé sur vos objectifs, la friandise pourra vous permettre de "lâcher" un peu de mou, et d'envisager vos rapports avec votre cheval différemment, (tenant plus du plaisir, de l'amusement, que du véritable travail). Votre cheval lui aussi mérite d'avoir son salaire avec quelques primes, surtout lorsque vous êtes très satisfait de ses résultats!

* .. Et celle de son cheval

Tous les chevaux recherchent la même chose dans cet ordre :

  1. la sécurité
  2. le confort
  3. le plaisir (entendez le jeu)
  4. la nourriture

Toutefois tous n'ont pas les mêmes besoins.

Les chevaux RB auront un grand besoin de sécurité. La friandise n'aura pas de grands effets sur eux au départ et surtout tant que vous n'aurez pas apporté ce premier critère. Celà ne veut pas dire qu'il ne faudra jamais leur donner de carotte, mais que c'est dans votre langage corporel, dans vos décisions, dans votre approche, qu'ils devront gagner en confiance pour ensuite envisager autre chose, dont recevoir de la nourriture. Parce qu'un cheval qui a peur, qui n'est pas calme ou qui manque de confiance ne voudra de toute manière pas manger.

Chez les LB la sécurité est rarement un soucis. Ce sont des chevaux naturellement confiants. Toutefois, un introverti ne va pas non plus considéré la friandise de la même manière qu'un extraverti.

L'extraverti a envie de bouger (pas forcément en avant!), de découvrir de choses, de partir à l'aventure. Bref: de s'amuser -selon ses règles bien entendu :P-. Le jeu le motivera donc plus que la nourriture.
J'ai longtemps cru que Kumo était un introverti, d'autant plus quand nous avons entamé notre formation en clicker: je me retrouvais enfin avec un cheval ultra dynamique, prêt à faire tout un tas de choses avec moi. Mais en réalité, ça n'était pas son manque de motivation qui était comblé, mais plutôt le fait que je cesse enfin de dire "non" à tout ce qu'il m'avait proposé -et qui n'allait bien entendu pas dans le sens que je désirais-. Avec le clicker je n'avais plus de "règles", je devenais l'ambassadrice du "oui".
Aujourd'hui, après m'être enfin réellement investi dans Parelli et avoir enfin compris comment pouvait se vivrecette aventure, mes stratégies ont changé et fonctionnent! Ainsi je continue de lui donner de temps en temps des friandises, surtout lorsque que ça lui a demandé un gros effort de sa part, mais elle ne sont là qu'en bonus et apparaissent donc seulement lorsque ce que je lui proposais était un peu moins fun pour lui, requérait plus d'obéissance, ect.. Mais dès lors que nous faisons quelque chose qu'il aime activement, ou que le jeu que je mets en place est beaucoup moins "contraignant", la nourriture est totalement superflue et il me le fait bien comprendre!

Un introverti est totalement à l'opposé de cette personnalité: faire les choses dans son intérêt est sa priorité et il ne bouge que très peu ses pieds. On définit très souvent ces chevaux comme fainéants, alors qu'ils ne le sont jamais lorsqu'il est question de leur confort ou de nourriture.

Héhé!
 
 Ils manquent juste de motivation et vont constamment vous questionner sur ce que vous pouvez leurs apporter et ce que ça leurs apportent à eux, de faire ce que vous leurs demandez. Avec ces chevaux la nourriture est très utile! Toutefois l'objectif pour vous est bien entendu de devenir plus intéressant, plus motivant, plus fort que la carotte!
Le risque avec ces chevaux (et d'autres!) est de tomber dans un schéma de distribution incessant. En effet, l'intégration des friandises permet très souvent de changer complètement l'attitude de ce cheval, ce qui nous ravie! Mais très vite, ce dernier, peut rapidement comprendre sur quel "bouton" il doit appuyer pour que la carotte arrive plus vite et nous faire devenir totalement dépendant elle dans nos interactions.
A nous, donc, d'être tout aussi vigilant dans son utilisation.
Elle doit rester un outil, et non devenir le leader de votre cheval.


* En la considérant comme un simple outil

Pour qu'un renforcement positif soit efficace, il faut :

  • avoir une échelle de valeurs dans les récompenses (basse/moyenne/haute)
  • varier les récompenses pour susciter la curiosité et l'intérêt
  •  avoir clairement en tête ce que vous souhaitez (et surtout pourquoi vous le souhaitez) et donc définir ce que l’on souhaite récompenser
  • savoir pourquoi, là, on veut utiliser une récompense alimentaire
  • accepter le fait que c'est l'éleve et seulement l'élève (donc votre cheval) qui décide de ce qui peut être considérer comme un renforcement positif. Le renforcement positif n'est donc pas que synonyme de caresse, de bonbon, d'arrêt de la pression. c'est votre cheval qui décide à l'instant T ce qui peut être considérer comme du renforcement positif. Aussi, si un comportement que l’on a, semble-t-il, renforcer positivement ne se reproduit pas, c'est que le renforçateur a une valeur trop basse par rapport à la situation dans laquelle on se trouve ( donc si l’on travaille par exemple les transitions descendantes et que Tonerre met toujours un paquet de temps à ralentir alors qu’on lui a pourtant donné des carottes à chaque arrêt précédent, c'est que la carotte n'est pas ce qu'il désire et ce dont il a besoin à ce moment même - peut-être lui faut-il plus de calme par exemple).

J'ai longtemps cru que l'éducation du cheval se basait en grande partie sur des schéma théoriques ou des cadrans scientifiques, alors qu'elle peut -et devrait!- aller bien au-delà de tout ça!

La carotte doit rester un outil au même titre que votre stick. Ne fonctionnez qu'avec l'un ou l'autre ne vous amènera pas à grand-chose. Enfin si, peut-être, mais certainement pas au partenariat tel qu'on l'entend communément. A une relation de "soumis/dominé" tout au plus.

J'ai évoqué dans cet article l'utilisation du renforcement positif, mais j'aurais très bien pu en écrire un semblable sur le renforcement négatif. Parce que non l'équitation éthologique ne conciste pas seulement à l'appliquer une pression et son relâchement, ne se cantonne pas essentiellement au principe de "confort/inconfort", ou aux sept jeux répéter indéfinnement. Si vous croyez que c'est le cas, vous perdrez un paquet de trucs bien cools qui pourraient vous être utiles!

Parce que tout ça va bien plus loin, tout comme le clicker training.


Merci Linda.


* A ce titre, je voudrais préciser, pour ceux qui aimerait mêler "clicker " (et non renforcement positif) et équitation étho :

Cette approche sous-entend d'avoir presque toujours son clicker sur soi, ainsi que ses bonbons et de cliquer quelques-uns des comportements de son cheval.

Au départ, avec un cheval encore vert dans le "clicker", je trouve ça légèrement dangereux et peu agréable pour ce dernier, de ne pas délimiter clairement les cessions de clicker.

Je l'ai moi-même constaté avec Kumo: il était dans une "tension" constante quand j'avais toujours mon clicker et mes bonbons dans ma poche mais que ma séance de "clicker training" n'était pas clairement définie, dans le sens où n'allions pas faire que ça.
En fait il ne savait plus quand il allait être cliqué et quand il était autorisé à proposer des choses. L'ignorance "massive" de certains de ces comportements (bah oui, je cliquais pas le fait qu'il désengage par exemple, parce qu'il savait le faire depuis longtemps) le faisait alors entrer dans une sorte de frustration, qu'il ressentait presque comme une punition négative (dans le sens scientifique: fréquence d'apparition d'un comportement tend à diminuer suite au retrait d'un stimulus).

Le clicker training ça implique tellement de choses qui dépasse laaaaargement le simple "clic+bonbon" et ça demande tellement de rigueur, que l'utiliser comme un outil éducatif pour simplement booster un peu le quotidien ou faire autre chose avec son cheval, ça créer fatalement des déséquilibres.

J'ai mis du temps à m'en rendre compte, mais finalement, quand on se décide à appréhender des systèmes d'apprentissages comme PNH ou le clicker, bah c'est pas pour rien qu'il y a tout un fil conducteur à suivre et que c'est autant "cadré". C'est bien parce que c'est complexe (et pas compliqué), dans le sens où tout à un lien.

Donc si vous voulez faire du clicker en plus de l'équitation étho, faites-le! Mais dans les règles!

 

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