lundi 24 août 2015

Qu'est-ce que le rassembler?

J'vous raconte pas dans quoi je m'embarque en posant cette problématique..
Mais que voulez-vous, la masturbation intellectuelle fait partie intégrante de ma personnalité (j'aime enculer les mouches, et que mes méninges se lancent dans une partouze sans fin


(Bisou sur tes p'tites fesses Johnny <3)



Laissons le sexe neuronale de côté (même si je sais que vous kiffez grave quand on parle de toute ça) pour revenir à nos moutons poneys.



Qui n'a jamais entendu "Voilà et maintenant rassemble-le" ou encore "il n'est toujours pas rassemblé là ton cheval", où "il se rassemble bien ton bourrin". A première vue, il semblerait donc que ce dit Rassembler soit une attitude que l'on peut demander et même constater. Toutefois, avant de savoir comment l'obtenir et la visualiser, allons poser la question à un grand spécialiste du dressage, j'ai nommé Michel Henriquet, aka White Mini Moustach', afin d'en connaître la définition:


"La meilleure image que l'on puisse donner du rassembler est celle du fauve qui bondit sur sa proie : il est parcouru par une vibration qui gagne toutes les parties de son corps préalablement disposées pour pouvoir instantanément se développer dans une action foudroyante.
En équitation sportive, le cheval se rassemble devant l'obstacle, pour s'enlever ensuite par la détente de tous ses ressorts musculaires parfaitement disposés et à la condition que son cavalier épouse au moins son équilibre. Il s'agit là du rassembler naturel et spontané.
En haute équitation, on peut le définir comme un état d'équilibre supérieur obtenu par la gymnastique et les assouplissements qui constituent les exercices d'écoles. C'est l'objectif, l'idéal de tout écuyer, c'est celui que nous allons méthodiquement poursuivre au fil de cet ouvrage. 
Le rassembler est réalisé par la flexion des hanches et des jarrets portés en avant et engagés, qui provoquent l'allègement et le relèvement du devant, et servent de ressorts à la masse, à tout instant et dans n'importe quelle direction. Le rassembler correct permet la répartition à volonté du poids et des forces entre l'avant et l'arrière-main. Le raccourcissement du poser des membres et leur rapprochement du centre de gravité assurent le maximum de mobilité en tous sens, rendent possibles les changements harmonieux et rapides d'allures, d'airs, de vitesse, et provoquent le relèvement brillant des gestes. 






Image tirée du site personnel des Henriquet et illustrant leur propre article sur le sujet.



(mon passage préféré ci dessous)
 Les idées fausses concernant le rassembler sont suscitées par des attitudes forcés obtenues par des compressions qui provoquent l'engagement abusif des hanches et empêchent le déploiement des jarrets, entraînant par la suite creusement du dos et refus d'engagement. 
Cet accident ne se produit jamais quand le rassembler découle de l'exécution progressive et sans force, des assouplissements par mobilisation infléchie et latérale : cercles, voltes, serpentines, huit dé chiffres, épaule en-dedans, appuyers, etc. Ils permettent au cheval de retrouver, sous le cavalier, son niveau optimal d'équilibre naturel; il engage ses forcés par une poussée permanente et dosée d'arrière en avant.
Le Maître Oliveira m'a dit un jour : « Lorsque je monte un poulain pour la première fois, j'ai déjà le rassembler dans la tète». Cela ne signifie pas qu'il le recherchait dès le débourrage, bien évidemment, mais qu'il le préparait dès les premières leçons. Il ne s'agit pas de forcer, mais de favoriser par des touches délicates, la mise en équilibre du jeune cheval qui débouchera, des années plus tard, sur le rassembler. 
Le ramener qui tend à la placer la tète du cheval le plus près possible de la verticale, n'est qu'un élément du rassembler ; il ne peut être envisagé en dehors du rassembler. Ce faux principe fait actuellement des ravages, la plupart des chevaux d'école se présentant au ramener sans être rassemblés. Cela résulte de la triste généralisation des rênes coulissantes (dites « allemandes ») complétée par le cisaillement à tours de bras de la bouche par le mors de filet."






Cimer Michou!  :biz:

Bon... Réflechissons. Est-ce que l'on a déjà vu un cheval "[être] parcouru par une vibration qui gagne toutes les parties de son corps préalablement disposées pour pouvoir instantanément se développer dans une action foudroyante" sans cavalier sur le dos...?:scratch:








:vi: YES we can!

 Et alors on tombe sur Pradier, qui nous balance : "L'attitude du rassembler elle même, anime le cheval qui l'adopte":boble:  ...
C'est qu'il a raison notre docteur! Si si petit lecteur, pour preuve regarde : prenons les paris et dis moi qui est capable de nous trouver une vidéo d'un cheval rassembler alors qu'il ne respecte pas son cavalier, ou alors qui n'est pas dans l'impulsion, ou bien encore qu'il se trouve dans une situation de stresse où le cavalier n'a plus aucun contrôle sur son cheval?  
Mais donc ça voudrait dire qu'au delà de l'aspect purement biomécanique ("Le rassembler est réalisé par la flexion des hanches et des jarrets portés en avant et engagés, qui provoquent l'allègement et le relèvement du devant, et servent de ressorts à la masse, à tout instant et dans n'importe quelle direction."), le rassembler englobe aussi le mental du cheval :scratch: .   

Soyons logiques (pas d'excuse pour les blondes!):
Afin de découvrir les autres composantes du rassembler qui s'inscriraient dans sa partie psychique, décomposons schématiquement et classons par ordre d'importance ce que tout cheval, avec un grand C, recherche instinctivement : 
  1. la sécurité
  2. le confort
  3. le plaisir


La sécurité:



Le cheval étant une proie, être en sécurité lui est vital. La confiance de cet animal de nature craintive (et ce d'autant plus lorsque celui qui l'aborde peut être considéré comme un prédateur) s'acquiert via le leadership. L'homme se doit, par conséquent de prendre le rôle du leader. Celui-ci implique quatre responsabilités: 


  1. ne pas agir en prédateur
  2. penser comme cheval
  3. utiliser le pouvoir naturel du focus
  4. avoir une assiette indépendante
Si ces quatre responsabilités sont tenues par le cavalier, le cheval lui accordera naturellement son respect, car l'animal dispose toujours de trois possibilités lorsqu'il se retrouve face à un homme qui lui demande quelque chose:
  1. fuir de six façons possibles (en avant, en arrière, à droite à gauche, en haut, en bas -Yannick est dans la place! "Ces soirées là, han, han"...:pan:-)
  2. manquer de respect de six façons
  3. céder de six façons 
Et là dans vos têtes vous vous rappelez du premier critère de notre pari: "dites moi qui est capable de me trouver une vidéo d'un cheval rassembler alors qu'il ne respecte pas son cavalier"... Si le cheval respecte l'homme, et que ce dernier se présente comme un leader à l'équidé, il vient alors d’acquérir le rassemblé mental. 







- Le confort 



Le confort est un état qui découle logiquement du contexte sécurisant dans lequel se trouve le cheval. Son synonyme pourrait être "l'équilibre". Cet équilibre d'un point de vue psychique, c'est l'impulsion (et là les dresseurs ont juste envie de me :tir: et sont persuadés que je yoyotte grave de la touffe, mais attendez la suite de mon propos pour me tuer)

L'impulsion est probablement l'un des concepts les plus galvaudés dans le monde équestre puisqu'il est, lui aussi, perçu comme une attitude, une action du cheval, alors qu'il s'agit avant tout d'un état.
En effet, beaucoup de cavaliers ont appris dans les manuels de la FFE que le cheval c'est trop génial l'impulsion s'obtient à partir du moment où leur monture se porte en avant. En réalité, l'impulsion est une énergie, certes motrice, mais générée par la tête du cheval et non ses postérieurs (ces derniers n'arrivent qu'au second plan). 
Toutefois, un cheval qui n'est pas dans l'impulsion semble agir en inversant ce système : les postérieurs passent avant le cerveau. Ces chevaux sont donc troublés sur le plan émotionnel : le cheval se propulse en avant grâce à son arrière main mais agit dans une pulsion de fuite (et là, normalement, une ampoule clignote au dessus de votre tête!); en clair il répond avec l'option n°1 que nous évoquions précédemment : "fuir de six façons possibles". D’autres en revanche n'utiliseront que très peu leur postérieurs (vous savez le poney flambi, gros mou du genou, qui fume son foin, eh bien voilà c'est lui !) et ont donc opté pour l'option n°2 : "manquer de respect de six façons".  
La vraie impulsion se situe donc à mi-chemin entre ces deux extrêmes: "Go = Ooh" et "Ooh = Go", comme dirait Big Moustach, et se base donc sur les émotions. 
Bienvenue chez la rassemblé émotionnel. Nous pouvons désormais  rayer le : "et dites moi qui est capable de me trouver une vidéo d'un cheval rassembler alors (...), qu'il n'est pas dans l'impulsion"



  

Le plaisir


Comment un cheval peut-il être rassemblé s'"il se trouve dans une situation stressante, où le cavalier n'a aucun contrôle sur lui" pour le rassurer? 

Il paraît en effet logique que la flexibilité physique d'un cheval résulte de sa flexibilité mentale. Pourquoi j'évoque ici la flexibilité, parce qu'un cheval qui n'en présente pas ne peut éprouver du plaisir. L'exemple type d'un cheval qui manque de flexibilité est celui qui rechigne à se diriger vers la carrière mais en revanche trottine sur le chemin du retour, ou encore qui se montre calme à la maison, mais ingérable en concours. 
Ainsi, si le cavalier possède lui même de la flexibilité (si j'en vois un me faire le grand écart et clamer : "c'est bon j'suis assez flexible?", je le :massue: ) et a su acquérir le rassembler mental et émotionnel, le rassemblé physique (qu'est celui dont parle Michel Henriquet) en découlera forcément puisqu'il est déjà contenu dans le processus de communication que vous avez engagé,  au préalable, avec votre cheval








Le rassembler se décompose donc en trois parties :


  1. le rassemblé mental
  2. le rassemblé émotionnel
  3. le rassemblé physique 
La dernière composante, si elle est juste, est indissociable des deux premières, alors que ces dernières peuvent être séparées de la troisième mais vont toujours de pair (ça fait très mathématique mon histoire).



 Ce que se bornent donc à nous présenter les dresseurs n'est qu'une partie émergée de l'iceberg et sa dernière composante! Si l'amalgame est autant généralisé c'est en partie parce que nous n'agissons en "leader". En effet, au lieu de "penser comme un cheval" nous l'approchons en faisant usage d'un raisonnement direct (contrairement aux équidés qui disposent d'un raisonnement latéral). Nous ne voyons que l’aspect physique de la chose et considérons alors le rassembler, l'impulsion, la légèreté, l'équilibre et bien d'autres encore, comme des attitudes, au lieu de les appréhender comme des états qui impliquent forcément le psychisme du cheval avant son métatarse (os du jarret) ou sa troisième phalange


 Nous pouvons donc que conclure que ces chevaux ne sont pas rassemblés:
















Contrairement à ces derniers: 









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