lundi 7 septembre 2015

Visite ostéopathique ; 07/09/15

Première visite ostéo pour le mouton.. J'étais légèrement.. Comment dire.. Stressée..



Bah oui parce qu'une visite osthéo, en plus de vous apporter des donnés concrètes sur l'état de votre cheval, je trouve que ça offre aussi la possibilité d'avoir un "regard extérieur" et du recul sur le travail qu'on mène sur son cheval. 
On peut ainsi plus ou moins l'ajuster, constater s'il est juste ou non, ou tout du moins sur la bonne voie. 

J'avais un peu peur que les constats d'Angélique me mettent face à mon incompétence et mes bêtises..



Ayant à 98% du temps travailler seule, j'étais donc très enthousiaste et en même temps assez craintive à l'idée de découvrir les résultats d'Angélique. 

Heureusement, énorme soulagement et mine de rien petite satisfaction de découvrir que petit poney va vraiment bien et qu'à part deux séquelles de notre accident (nous nous sommes fauchés sur une route il y a plus d'un an)  et des cervicales légèrement bloquées, le bonhomme est très souple, et dixit angélique: va très bien!


Et a désormais un nouveau dos!


Au delà du plaisir que j'ai éprouvé en constatant le travail très professionnel d'Angélique, (qui a été très à l'écoute, super rassurante, et vraiment progressive dans ses manipulations de Kumo), j'ai été ravie de ressentir dans son discours un rejet du rollkur, un attachement au pied nu ou au ferrage bien fait, à la vie en plein air et en troupeau, etc.. 
Mes expériences personnelles avec des professionnels de la santé du monde équin ont été -heureusement- rares, mais j'ai parfois été spectatrice et auditrice de choses bien souvent peu réjouissantes et allant, à mon sens, trop souvent à l'encontre du réel confort et bien être du cheval, contrairement à celui de son cavalier.. Cet autre son de cloche m'a particulièrement enchantée!

En tout cas je la conseille vivement si vous êtes dans la région rennaise! 

On continue donc notre bout de chemin, en recherchant au maximum une attitude basse et longue (et non ronde!) dans le travail en selle (et aussi à pied, lorsque je fais des séances de "gymnastique" en longe), même si nous en sommes toujours au travail sans contact permanent.
Sinon on va retravailler la prise des pieds. Ça a toujours été notre petit bête noire ce paramètre. On l'avait bien réglé avec le clicker, mais je pense qu'il manque encore de fitness émotionnel pour les donner sans se poser de question à quelqu'un d'inconnu, et répondre réellement à l'action des mains en porc-épic. Donc à revoir avant la prochaine venue d'Angélique :) !

dimanche 6 septembre 2015

SAV # 2 - "Centrer son cheval sans le dépersonnaliser, c'est possible ou pas? (Jean Mi)

Aujourd'hui c'est Jean Mi,qui nous écrit. Il est le propriétaire de Princesse Petit Pois une jolie QH LBE de quatre ans.

Ton article sur les LBE m'a donné beaucoup matière à réfléchir, et après quelques jours de maturation me voici avec des questions... Quid des chevaux centrés, naturellement ou que le travail à centré? Ca me turlupine pas mal cette affaire. Est-ce une bonne chose d'arriver à centrer son cheval? N'est-ce pas une modification de sa nature profonde? Typiquement un LBE qu'on centre, on va le rendre moins extraverti, plus soumis, moins contestataire... Comment ça se passe? Est-ce que c'est bien? Comment s'en trouve impacté la relation cheval/bipède? Parce que ça passe par une forme de rétrogradation un peu... (moins autonome, moins spontané, moins réflexif aussi?)

Bon au départ, j'avoue que je suis un peu passé par toutes ces émotions..






Donc.
Tout d'abord je vais légèrement modifier ta question Jean Mi, en ne demandant pas : « est-ce bien de centrer son cheval? », mais plutôt : « pourquoi je dois rechercher à centrer mon cheval? » . 
Quand je dis « je dois », je pars du principe que nous sommes tous ici dans une quête de communication, de partenariat, et que nos objectifs, se cantonnant au loisir ou à de la compétition, s’inscrivent tout de même dans un cadre impliquant nécessairement sécurité, confort, et plaisir (dans cet ordre ci). Sauf que voilà, dans la théorie c’est bien beau, mais dans la pratique c’est pas toujours évident. Tout simplement parce qu’humains et chevaux ne vont (plus?) pas forcément de paires. «  Un cheval n'est pas seulement un cheval, c'est une attitude montée sur quatre pieds, un être qui pense différemment de vous et moi. » (à enregistrer et imprimer). Donc pour nous faire comprendre de lui, nous devons d’abord apprendre à le connaitre, et à penser cheval avant de penser comme un homme. 

Revenons à la chartre des horsenalities. 
Si on la regarde bien, il y a effectivement trois niveaux: « extrême, modéré, léger ». 
Si je me cantonne au profil d’un LBE extrême, nous allons avoir l’ensemble de ces caractéristiques fortement développées et exacerbées lorsque nous nous trouvons en sa présence:

- joueur
- espiègle
- malin, fin
- charismatique
- facilement désobéissant
- tendance à mordre ou à taper avec un antérieur
- mordille, joue avec sa bouche
- volontaire
- exubérant
- sympathique

Alors au début on se dit..



(Merci Nico). Mhh.. Pas tant que ça. 
Je ne sais pas vous, mais un cheval qui présente quotidiennement ce genre de personnalité ne doit pas être évident.. 

Parce que oui un cheval joueur c’est bien, sauf lorsque celui-ci désire que vous jouiez aux règles de son jeu, qui étaient très différentes des vôtres (sinon c'est pas marrant :P)...
Oui un cheval charismatique est toujours agréable à regarder, mais communiquer avec lui peut être parfois très compliqué lorsqu’il nous influence (voir nous contraint, quand le cheval devient trop impressionnant) à changer nos plans...
Un cheval qui prend tout dans sa bouche peut faire sourire les premiers jours, mais c’est un comportement qui peut devenir très dangereux lorsque vos mains, ou vos pieds dans l’étrier deviennent sa nouvelle cible...

Toutefois, tous ces traits de caractère vont montrer un avantage et de grande qualité s’il n’apparaissent que lorsque nous sommes prêts à les recevoir et toujours de manière positive
En effet, un cheval charismatique sera précieux lorsqu’il faudra aller devant en balade, ou s’imposer dans une situation un peu chaotique. Un cheval joueur et espiègle sera un régal en liberté si vous avez trouver un jeu commun, avec des règles qui vous vont à tous les deux. Un cheval qui prend tout dans sa bouche sera une monture très agréable à brider, et dont l’apprentissage de certains tours pourra amuser vos amis autant que lui. 

Aussi, le « facilement désobéissant » quant à lui, une fois plus tempéré, vous permettra toujours de faire attention à votre langage corporel, à votre manière de demander les choses, etc.. 

Enfin, la charte présente aussi (et dans chaque horsenality) des traits de caractère qu’il ne faudra surtout pas entacher lors de l’éducation de notre cheval, et au contraire chercher à garder, ou à renforcer: « sympathique, volontaire, malin, fin », afin de continuer à faire resortir le meilleur de ce cheval. 

Il faut donc tenter de voir du positif dans tout les éléments qui constituent le caractère de notre cheval. En tentant toutefois de faire essentiellement ressortir le meilleur de ces derniers, afin que chacun, humain comme cheval (car nous constituons un couple, un binôme et somme sensé créer un partenariat ensemble) y trouvent son compte, tant en sécurité, qu’en confort et en plaisir!  
Et quoi de mieux pour ça, que de trouver un équilibre entre chaque attitude? L’expression extrême de la joie, ou de la contrariété n’est jamais quelque chose de très bon (chez les chevaux comme chez les humains d’ailleurs). On parle souvent d’équilibre en équitation classique, mais l’équilibre il n’est pas que physique, il est aussi émotionnel et mental.

Thomas résume la situation bien mieux que moi:




Comment aborder un cheval centré? Question qui en contien deux d'ailleurs: comment aborder un cheval qu'on ne connait pas et qui semble centré? Comment aborder un cheval qu'on connait bien et qu'on a centré par le travail?

Un cheval qui apparait centré est généralement très bien éduqué. Si ça n’est pas le cas, c’est qu’il est souvent introverti. À ne pas confondre, donc. Un cheval ne semble jamais centré, il l'est ou il ne l'est pas. 
Donc si le cheval est centré il va plus facilement passer par les quatre quadrants mais de manière moins extrêmes qu'un cheval non centré. La meilleure question à se poser est donc: mon cheval manque t’il

  • de calme?
  • d’obéissance?
  • de motivation?
  • de confiance?

Et en fonction de ces paramètres (qui peuvent parfois apparaitre par paire -ou même tous ensemble- pendant la séance), nous nous adaptons. 



Ma jument a pu avoir de grosses périodes LBE un peu extrèmes (très contestataire, irrespectueuse, avec une intolérance à la frustration et à la monotonie assez poussée) typiquement l'année où elle s'était blessée et qu'elle commençait à ressortir au paddock/en main après 4 mois de box, jusqu'au débourrage peu ou prou, où, pour assurer ma sécurité (autant à pied qu'en selle, avec ma cheville en mousse) j'avais beaucoup bossé sur le respect. Respect de la bulle, respect des consigne, renforcement négatif des débordements. Du coup sous la selle je ne l'ai jamais trouvé très extravertie.Du coup la question qui me hante (osons le terme!) c'est: AIS-JE ETEINT MON POULAIN en le centrant? L'ais-je déterioré en modifiant sa nature profonde? Ou l'ais-je apaisé en le centrant? (ou l'ais-je centré en l'apaisant?)Voila, c'est des vrai questions, et ça m'énerve parce que je suis partagé entre l'envie d'en apprendre plus dans les HN, et la sensation qu'à chaque fois que je m'y intéresse ça me fait des noeuds au cerveaux et qu'au final ma façon d'être en pâti.

Voila voila...


À mon sens il n’a pas s’agit d’extinction, mais bien de centrage et surtout d’éducation. Parce qu’un cheval qui n’est pas safe pour son humain est effectivement un cheval  auquel il manque un ou des éléments essentiels dans sa formation. 
Ici, vu qu’elle avait l'air plutôt cerveau gauche extraverti extrême il s’agissait surtout du respect et du contrôle. 

Donc non tu ne l’as pas éteinte. Tu l’as simplement fait devenir une jument bien dans ses pompes, qui sait désormais comment communiquer sereinement avec son humain et qui prend du plaisir à passer du temps avec. En fait il a simplement s’agit de fitness émotionnel. 

Un cheval dépersonnalisé/éteint se voit de suite: il n’est pas dans la recherche du contact, ne communique plus, ne pose aucune question et répond simplement à celles que l’on lui pose. 


Voilà voilà (bis).
Si vous avez des choses à rajouter, ou au contraire à rectifier, surtout n'hésitez pas! La discussion est bien entendue ouverte et je tâcherai de mettre à la suite de cet article les différentes réactions. 



L'est belle, hein? 

samedi 5 septembre 2015

SAV # 1 - "La horsenality de mon cheval peut-elle changer à cause de moi?" (Irina)


Bienvenue au SAV de Mon cheval cet incompris. L'idée de cette nouvelle catégorie m'est venue suite à la réception de nombreux messages, demandant quelques "conseils" ou me posant des questions plus ou moins précises sur Parelli.

J'espère qu'elle apportera quelques réponses et mettra plus en avant vos commentaires. 

Donc n'hésitez surtout pas à répondre pour donner VOS avis, VOS solutions, VOS conseils. Je les posterai à la suite des articles, afin que chacun puisse avoir un large pannel de solutions ou réponses à sa disposition. Et puis surtout, je ne prétends pas avoir le monopole de la vérité.




C'est Irina qui ouvre le bal. On dit "bonjour Irina":




Là je me regarde la vidéo d'un LBI, mais purée en fait c'est les chevaux qui me semblent les plus difficiles , car ils font sans cesse fonctionner notre petite tête , ils sont tellement intelligents ... Je voulais savoir ce que t'en pensais toi des LBI (car j'ai cru lire que tu as découvert Kumo LBI / LBE ). Ma Saku semble être dans le même cas, elle était essentiellement LBI quand je l'ai eu et à évolué vers LBE , à l'heure actuelle elle est surtout LBE d'ailleurs... Enfin si je la lis bien , car c'est pas si simple en fait ... Je me pose d'ailleurs souvent la question, est-ce que je la lis correctement ?
Et j'ai pu constater que lorsque je ne la provoquais pas et qu'on répétait toujours les mêmes choses, elle devenait LBI (enfin c'est vite dit) disons qu'elle se renferme et n'y met plus du sien. Alors que quand on la provoque un peu elle adooore bouger , elle attends toujours la prochaine indication qui lui demandera d'y aller. Lorsque je bossais avec M-C Saku était essentiellement LBI, et avec Gabi elle était LBE ... (Assez drôle puisque 2 des chevaux de M-C sont archi LBI, et que la jument de Gabi est LBE) , est-ce que le caractère humain , ou l'idée qu'on se fait d'un cheval peut influencer comme ça ? Ou alors Saku est peut-être juste une LBI avec un peu de feu aux fesses haha (enfin bon la dernière fois c'était pas du feu mais plutôt de la dynamite ...). Et puis Saku est d'ailleurs loin d'avoir le pied sur. Enfin voilà j'avais presque oublié ce que c'était de se prendre la tête pour comprendre son cheval , 9 mois de repos pour elle (et comme pour moi du coup) ça ne me réussit pas haha


La horsenality d'un cheval peut être déterminée par trois grands éléments:

- sa nature (la génétique donc, le caractère de ses parents, sa personnalité innée)
- son environnement
- les comportements qu'il a appris 

La horsenality d'un cheval peut donc varier selon ces différents paramètres, ce qui nous conduit souvent à certaine confusion, voir désoeuvrement total lorsque nous sommes face à un cheval qui semble passer par deux quadrants, voir par les quatre profils. 

Et c'est vrai que lorsque l'on tente de trouver la horsenality de son cheval on peut très souvent être piégé par le graaaand amour que l'on porte à notre poney chéri. Disons qu'à la première lecture, on a vaguement l'impression que les chevaux dans la catégorie en haut à gauche sont super troooop cools, non ? Matez moi un peu ses adjectifs : « joueur, volontaire, exubérant, espiègle, charismatique... » Ça donne quand même un peu envie de retrouver son poney là dedans, non ? Et du coup c'est vrai que les cerveaux gauches paraissent même plutôt faciles à gérer. Mais finalement, l'on se rend compte très vite qu'ils ne sont pas forcément les plus évidents. Linda l'explique de cette manière :

"Ils sont cool, calmes , confiants, et apprennent vite....MAIS ils peuvent être têtus ,rapidement blasés, peu coopératifs, envahissants, prennent tout dans leur bouche, dominant, agressifs,et beaucoup trop intelligentspour nous , tant que nous n'avons pas un peu plus de savvy .
À une époque, je pensais que les chevaux cerveau droit étaient un vrai défi. Mais plus j'enseigne et plus j'apprends , plus je me rends compte à quel point les chevaux cerveau gauche représentent un défi bien plus grand.
Les chevaux cerveaux droits ont souvent peur, voient des fantômes partout, manquent de confiance et sont impulsifs. Ils explosent très facilement et il faut du temps pour faire redescendre la pression. Mais une fois que vous savez comment arrêter cette poussée de trouille, et comment leur redonner confiance, ils deviennent volontaires et curieux.
Les cerveaux gauches au contraire, vous testent très vite parce qu'ils ne sont pas intimidés , ils ont confiance en eux mêmes , et ils construisent eux mêmes leur propre échelle hiérarchique. On peut attraper beaucoup plus de mouches avec du miel qu'avec du vinaigre, alors peut être que vous devriez avoir un peu plus de miel sur vous si vous vous sentez souvent frustré par votre cheval.
 
Le respect se gagne en étant le genre de personne que votre cheval aimerait rencontrer et ne s'obtient pas en le grondant souvent... Si vous savez que votre cheval est Left Brain, confiant et dominant, alors pour lui, la sécurité et le confort ne sont pas ses préoccupations principales mais le jeu (pour les extravertis) et la nourriture (pour les introvertis) si. Lorsqu'ils jouent entre eux au jeu de "la dominance", c'est un jeu pour eux. Alors lorsqu'ils vous taquinent ou qu'ils vous surprennent, c'est aussi du jeu et la plupart du temps ils sont très forts pour savoir sur quels boutons appuyer pour jouer avec nos émotions... et gagner le jeu. Quand ils sentent ces émotions jaillir en vous, ils se disent qu'ils ont bientôt gagné le jeu, c'est pour ça que vous devez apprendre à rester maîtres de vos émotions face à ce genre de cheval. Et vous ne pouvez pas faire semblant car il est capable de lire en vous. La solution est d'avoir plus de savvy, et d’être imprévisible pour votre cheval.

Les chevaux pardonnent vite et changent de point de vue rapidement aussi, c'est nous qui devons changer en premier.
Contrairement aux chiens qui, eux , nous aiment quoi que nous fassions, les chevaux, eux nous aiment, sous certaines conditions."



(Oui moi aussi j'étais assez désarçonnée en apprenant la nouvelle) 


Donc pour revenir à ta question Irina : un cheval changera forcément de horsenality s'il est mal abordé (quelqu'un de trop mou rendra blasé ou hystérique un cerveau gauche extraverti), ou qu'il se trouve dans un environnement différent (un lieu anxiogène transformera un cheval confiant en un cheval angoissé). 
On parle alors d'élément déclencheur, qui font sortir les chevaux (ou les humains pour les humanality) de leur personnalité "habituelle" et naturelle.

Le but de PNH est en fait de se servir des horsenality pour centrer le cheval, mais surtout pas le dépersonnaliser. Donc la stratégie à adopter se fait en fonction du caractère de l'équidé que l'on a en face de nous. Et elles vont énormément varier.

Du coup il est complètement logique qu'un cheval LBE que l'on aborde de manière très «neutre»,s'ennuie très vite et passe en LBE extrême, ou au contraire bascule dans une autre horsenality. Pour Sakura il semblerait qu'elle devienne LBI.

De toute manière, la meilleure question à se poser pour s'adapter au mieux à son cheval lorsque son caractère est différent de celui dont on a l'habitude est:

"Mon cheval manque t-il de : 

  •  obéissance? (LBE)
  •  calme? (RBE)
  •  motivation? (LBI)
  •  confiance? (RBI)"

Si Sakura montre donc moins d'entrain, et manque de motivation, il faut alors s'adapter à ce dont elle a besoin. Soit de faire travailler son cerveau et son esprit, plus que ses pieds qui semblent avoir moins envie de bouger aujourd'hui (comme on le ferait effectivement avec un LBI). 
La faire jouer sur des exercices demandant plus de réflexion et de précision, mais moins de mouvement, nous permettra de retrouver sa motivation et son envie de bouger.

Toutefois attention de ne pas tout confondre: un cheval moins explosif (terme plutôt négatif, puisque le cheval a certes de l'énergie mais l'utilise contre nous) que d'habitude, mais toujours dynamique (l'énergie est cette fois-ci sous contrôle) et répondant positivement à nos demandes est tout simplement un LBE obéissant que vous avez réussi à centrer (et là on fait péter le champomy!)




Ajout de Clémentine, propriétaire de Bodhran, grand LBE de son état, dans un des commentaires:


J'ajouterai juste attention à être sûr qu'on a pas rendu par exemple un LBE LBI avec une séance chiante, et du coup se dire, ok il est LBI, je vais donc faire bouger son cerveau... Avec le mien et je pense certains autres plutôt LBE, mais qui s'ennuient à un instant T, ça a tendance à aggraver la situation de le traiter comme un LBI... Donc si la grosse tendance est LBE, il faut en tenir compte même sur des moments LBI, et redonner du mouvement...

Allez au bûlooooot!

vendredi 4 septembre 2015

La horsenality de mon cheval ne doit pas devenir une excuse

Traduction non officielle d'un article de Linda Parelli.

 

Nous avons tous entendu des gens dire "je ne peux pas demander à mon cheval de faire ceci; il est un introverti" ou "Elle sera toujours irritable et grincheuse parce qu'elle est LBE"

Soyons clairs : connaître la horsenalitie de votre cheval ne doit pas vous donner le droit de vous trouver des excuses! Il s'agit seulement de porter votre attention sur la question: faites vous ressortir le meilleur ou le pire de votre cheval?
Connaitre la horsenality de son cheval, c'est avoir la possibilité de comprendre ce en quoi notre cheval a confiance et ce qu'il respecte en matière de leadership et ce qui le mènerait aux comportements les plus positifs. Et quand vous saurez exactement comment vous approcher de votre cheval, elle vous aidera à faire des progrès plus rapides et à améliorer vos résultats.
  • Parlons maintenant des introvertis :
Les introvertis prennent du temps pour traiter/réponde à/ votre demande, soit parce qu'ils ne peuvent pas le faire soit parce qu'ils ne veulent pas le faire -dans l'immédiat du moins-. Devinez qui est qui!
Le cerveau droit introverti
- ne peut pas le faire. Leurs émotions les bloquent. Ainsi leur première réaction est le stress, et le stress les fait se taire et se fermer, jusqu'à ce qu'ils reprennent confiance en vous et soient totalement apaisés en votre présence. Si nous comparons le RBI à une personne, il serait la mère introvertie qui est à la fois aimante et efficace avec ses enfants. Elle peut être très terre à terre et bien agir sur le moment. Mais dans un autre contexte elle devient hésitante, voir facilement intimidée. Plus la situation est extravertie, plus introverti devient le RBI. Ces chevaux sont souvent considérés comme imprévisibles, ultrasensible, distant.
Le cerveau gauche introverti - ne le fera pas parce que son envie ne suit pas le même chemin que la  votre- ils pensent que vous êtes inférieurs à eux dans l'ordre hiérarchique; Ces chevaux sont souvent considérés comme têtus, paresseux et arrogants.
Quand un cheval se montre imprévisible, ultrasensible, distant ou paresseux, têtu, arrogant, c'est le que cavalier produit ces comportements en précipitant les choses avec un RBI, sans lui avoir laissé le temps de réfléchir, ou au contraire, dans le cas d'un LBI en ne s'étant pas montrer suffisamment provocant. (Notez que le terme "provocant" ne sous entend pas forcément que l'on souhaite un résultat plus rapide.)
  • Quand est-il des extravertis?
Les extravertis ne prennent pas le temps de traiter les informations. Plus lent vous êtes, plus vous êtes mauvais à leurs yeux. Les extravertis sont réactionnaires ou dominants.
Le cerveau droit extraverti -réactionnaire. Ils ont tendance à réagir plutôt qu'à répondent. Comment peut-on percevoir la différence ? La réaction est plus rapide que la demande de l'homme et souvent plus vive et violente.
Le cerveau gauche extraverti – est quant à lui dominant. Ces comportement sont la conséquence d'un cavalier trop lent, trop ennuyeux, trop laxiste, trop informel, pas suffisamment concentrés.
  • Mais comment se montrer positif?
En étant "le propriétaire" de votre cheval, son partenaire, son steward, son sponsor, son ami, son mentor, son professeur …
Je crois qu'il est essentiel de savoir comment rendre sa vie avec vous la  meilleure possible... pour lui ET pour vous.. Autrement, pourquoi s’obstiner à rester ensemble ?
Cette relation peut être superbe.. Ou elle peut être rempli de crainte, frustration ou un véritable échec. Comme Pat m'a dit en 1989, "ne blâmez pas votre cheval.. Vous êtes celui qui l' acheté!"Ouah!
Peu importe quel est votre but, vous devez apprendre autant que vous pouvez de votre cheval - comment il pense, comment il se sent, comment il apprend, ce qu'il aime, ce qu'il déteste et ce qui est important pour lui.- Ceci mènera à l'accomplissement de votre partenariat : moins de frustration, plus d'amusement, plus d'accomplissement, plus d'amour, et de meilleurs résultats.

jeudi 3 septembre 2015

Un jour..



Un jour les deux premières illustrations de cette image auront disparu des carrières. Parce qu'une prise de conscience générale aura saisi les cavaliers. Ces derniers auront cessé de regarder, d'applaudir, de se taire et donc de cautionner puis de reproduire ce qui se fait encore trop souvent sur de nombreux paddocks de grandes compétitions et d'échéances, toutes disciplines confondues (même si le complet semble encore échapper à cette "germanisation" des techniques équestres).

Un jour le cheval, en tant qu'animal pensant et non plus comme simple mobilette que l'on peut "trafiquer" et user à tors et à travers, sera remis au centre de toutes les attentions, de celle du cavalier débutant, de loisirs, de l'amateur ou du professionnel. La recherche d'une réelle communicaiton, d'une harmonie et d'un partenariat qui nous faisaient tous rêver étant gosses, et qui nous a poussé presque maladivement vers les chevaux, primeront enfin sur la technique, abolissant à jamais l'adage qui gouverne actuellement encore trop d'esprit : "la fin justifie les moyens".

DO'S & DON'TS for Left Brain Extrovert

- LEFT BRAIN EXTROVERT -




Ce cheval a une personnalité très enjouée, il a donc besoin de faire des choses intéressantes et ludiques.  Véritable "boulimique" de l'apprentissage, la variété et l'enseignement de nouvelles choses, sont la meilleure manière de le rassasier. 




Avel, le partenaire de Delphine - Crédit photo : Elsa Meier

- Objectif:

L'obéissance


- Ce qu'il faut faire:


* Lui apprendre quelque chose de nouveau au moins une fois par semaine.

* Proposer des séances actives, intéressantes et ludiques. 
* Utilisez pleins d'éléments de notre environnement que nous avons à disposition (des obstacles naturelles ou non) afin de devenir le plus imaginatif possible. Lorsqu'il devient très enthousiaste, ne pas hésiter à augmenter le rythme, la difficulté.. Bref, lui proposer un challenge!
* Mr bêtise pourrait être son surnom. Ce cheval est d'une intelligence redoutable, mais comme un enfant surdoué, il peut devenir le plus dissipé lorsqu'il s'ennuie et vous faire perdre à votre propre jeu. Il ne faut donc pas hésiter à répondre à ses besoins en lui apprenant des choses rigolotes qui le valoriseront. 
* Oubliez la longe de 3,70m et préférer la longe de 7m ou le lasso: ce cheval a besoin d'espace. 
* Félicitez le au maximum! Usez de gratouilles, de sourires, de rires.. Le voir vous amuser et prendre les choses avec humour est très gratifiant pour ce genre de cheval!
* Encouragez ses initiatives et vous verrez qu'il s'intéressera de plus en plus aux vôtres.
* Déplacez ses pieds pour qu'il vous donne son esprit.
* Appuyez vous sur les patterns: ils vous permettent de vous donner des objectifs à tous les deux.

- Ce qu'il ne faut pas faire:


* Répéter sans fin. Ce cheval n'en a pas besoin! Quand vous constater qu'il a compris ce que vous attendez de lui, avancer. Ou revenez sur l'exercice en le pimentant.

* Être lent. Se montrer très calme avec ces chevaux n'est pas forcément une solution. Il vous faut être actif,  avec un plan, vous montrer provocant (et non aggressif!) et aller quelque part.
* Faire de courtes distances. Utilisez un maximum d'espace.
* Punir. Il ne sait pas qu'il est méchant, désobéissant, brusque, ou un peu dans les nuages. Il est juste joyeux. Si vous le punissez il deviendra agressif. Si vous finissez par lui faire peur, il se fermera et deviendra introverti pour garder sa dignité.
* Dire toujours "non". Encourager au contraire son idée et il obéira bien plus vite.

Pour faire plus court et résumer l'essentiel, l'attitude adéquate est celle-ci:





Traduction libre à partir de Parelli.com

mardi 25 août 2015

Figure eight - Online



Niveau: facile

Quels jeux dois-je maîtriser en particulier?

Le jeu de l'amitié, le jeu du porc épic, le jeu du driving game. 

Déroulement:
  1. cheval face à soi
  2. faire reculer le cheval jusqu'à ce qu'il soit derrière la ligne imaginaire reliant les plots
  3. le stick est du côté opposé vers lequel je veux envoyer mon cheval - dans notre exemple il est à gauche
  4. j'envoie donc mon cheval à droite en axant mon focus ni devant le plot, ni sur le plot, mais derrière le plot
  5. lorsque le cheval commence à partir, je laisse glisser ma longe
  6. une fois que le cheval et au ¾ du plot, je recule très légèrement et je l'attire vers moi en me servant de la longe (jeu du porc épic).
  7. une fois que le cheval est face à moi sans être trop près, ni trop loin du plot qu'il vient de passer, de change mes outils de main et je l'envoie de l'autre côté. Je peux même avancer vers lui (jeu de la conduite).
  8. mon stick peut venir soutenir (en mouvement vers la drive line *) mon cheval, s'il revient vers l'intérieur
  9. si je veux arrêter l'exercice je le fais en X en désengageant

Problems solving: 

- le cheval continue son cercle en ayant passer le premier plot – accentuer l'effet sur la longe, toujours en essayant de rester assez fixe avec mes pieds

le cheval qui ne veut pas partir quand on l'envoie - si on lève le stick mais que le cheval recule, continuer en attendant la bonne réponse, sans monter plus en phase, rester polie.

Selon la horsenality:

- avec un cheval introverti qui s'arrête  

  • s'il est droit = mettre de l'énergie en zone 5 *
  • s'il est face à moi = ré-envoyer
avec un cheval extraverti qui augmente l'allure  -  adapter son attitude = être rapide dans nos demandes mais toujours très calmes. 
Ex : le cheval continue son cerce au trot après le plot, agir rapidement sur la longe pour faire revenir le cheval

Quadrant synthétique sur les horsenalities

Traduction personnelle, donc non officielle.

Ajout personnel: Le coup des "extrovert" = "se disputer avec vous", est à prendre avec des pincettes. C'est plus spécifique aux cerveaux gauches hein. Un RBE s'il vous fait sortir de vos gonds c'est parce qu'il est vraiment pété de trouille.
 




Un court guide pour résoudre les problèmes

Traduction personnelle, donc non officielle.




Crédit: http://parelliconnect.com

Les joies de l'incompétence consciente




""Contraindre" ou laisser libre? Question inside" demandait Angélique, une copine virtuelle, partenaire du beau Machado, dont je suis le travail depuis un moment.

Mon parcours et ses innombrables revirements de situation mentent pour moi.. Cette question, vous imaginez bien que je me la suis longtemps et régulièrement posée. Je pensais que c'était par pure correspondance avec mon orientation éthique du moment, mais en fait c'est bien plus complexe que ça..

Yep baby. 


En fait en prenant du recul, j'ai surtout pris conscience que tout était question de contexte: quand j'avais l'opportunité d'aller très régulièrement au cheval, de passer du temps avec mon poney, l'approche PNH a répondu à toutes mes attentes; alors que lorsque la fac et ma prépa sont devenues très prenantes et m'ont permis de me pencher sur des domaines que je ne connaissais encore que très peu (les lois de l'apprentissage, notre rapport à la nourriture, le monde vegan, etc..), que j'avais donc moins le temps pour venir au cheval, mais que j'avais en revanche l'opportunité de reprendre l'éducation de mon chien et bien j'ai trouvé dans le clicker training un moyen de passer du bon temps avec mes animaux, de trouver des similitudes avec ce que j'avais lu, vu et entendu et donc avec mon cheminement éthique.

Et je pense que ce qui m'a permis de revenir à l'une ou m'autre des approches sans jamais entacher ma relation avec Kumo, c'était justement la cohérence que j'avais avec moi même à ce moment là. J'étais on ne peut plus persuadée par ce que je faisais et donc Kumo n'en a jamais pâtit.

En revanche, quand j'avais du mal à le lire, que je me posais trop de questions sur l'approche que j'utilisais, ou encore que je n'en usais à mauvais escient, là ça nous perdait. Ex: en PNH, quand je ne l'abordais pas correctement et bien ce que je percevais comme une non motivation de mon poney dans le regard de mon poney, n'était en fait qu'une simple incompréhension et un manque de confiance de sa part, parce que ce que je lui proposais n'étais pas adaptée. Mais donc ça n'était pas l'approche qui ne fonctionnait pas, ou qui péchait, mais l'utilisation que j'en faisais.


Finalement, tout ça ça se rapproche fortement de toutes les grandes questions éthique que l'on peut avoir: "mors ou sens mors", "pieds nus, ou non..".. L'équilibre et la vérité ils se trouvent dans ce que l'on en fait.

C'est ainsi que j'ai enfin fini par comprendre ce qu'impliquait réellement le terme et le statut de leader. Que chaque jour, notre cheval remettait ce statut en jeu, et que chaque jour nous nous devions, non pas de le gagner, de l'obtenir, ou de le voler, mais bien de le mériter.

Aussi, à toutes les personnes qui ont le sentiment de ne pas voir le bout avec leurs chevaux, de se noyer sous les questionnements éthiques, ou autre, j'ai envie de leur dire que s'ils ont envie, aujourd'hui, de créer un partenariat avec leur animal et peut être même d'avoir des objectifs sportifs ou techniques bien précis, eh bien qu'ils foncent!
Parce que se lancer, choisir d'avoir une progression, des rêves, des buts, ça n'est pas synonyme de d'égoïsme et de non écoute des besoins et désirs de l'autre, bien au contraire!

Kumo n'a jamais eu une aussi belle attitude qu'aujourd'hui et ne s'est jamais montré aussi volontaire sur une période aussi longue que maintenant, depuis que j'ai une vraie progression à suivre mais que je n'en oublie jamais le principal, à savoir: toujours faire passer la relation en premier, que les bases doivent précéder l’entraînement spécialisé, de perpétuellement rechercher à grandir et à s’améliorer sur le plan personnel et que la réussite n'évolue jamais sur une pente ascendante super lisse.


Alors très souvent on se dit: "Oui, mais c'est dur!". Et effectivement ça n'est évident! Bien sûr que c'est compliqué, mais ça n'est pas insurmontable. 

Disons que ça demande un investissement conséquent (intellectuel, financier et temporel aussi!). Mais c'est faux de croire que ça n'est pas à la portée de chacun, et que les rêves que nous avons sont réservés à une élite, à des gens qui auraient un don ou quelqu'autre talent que ce soit. 

Après je pense qu'en reconsidérant notre situation (quel argent j'ai à investir, quel temps je peux m'octroyer, ect..) on est aussi capable de prendre nos disposition et de revoir peut être nos objectifs à la baisse. Ça évite la frustration, et le renoncement. 

Je vais encore évoquer ma propre expérience (à ce titre, j'espère  ne pas paraitre trop présomptueuse lorsque je m'aventure dans l'illustration de mes propos à travers mon propre vécu..), mais je suis du genre à ne pas être d'une très grande rigueur, ni d'une énorme confiance en moi. Je m'engage peu et je remets beaucoup (trop!) les choses en question. Je perçois l'échec comme la pire des éventualités (c'est en partie du à mon éducation), alors autant vous dire quand me prenant un mur avec mon poney il y a quelques temps de ça, en le voyant commencer à me rejeter et presque "dépérir" dès que nous passions du temps ensemble, ça m'a fait renverser la balance à l'extrême, puisque je suis passée de PNH au clicker training, ect... Alors que la seule véritable façon d’échouer, c’est de renoncer. Henry Ford disait : "L’échec n’est que la possibilité de recommencer de façon plus intelligente." 

Tery Sprague, instructrice 3* PNH, à qui j'ai emprunté le titre, surrencherit en ajoutant:  "Heureusement, nous avons à notre portée beaucoup d’aide (petite note personnelle: ce qui m'a personnellement poussée à reprendre Parelli, c'est en partie ce facteur. Je savais que j'aurais des réponses! Autant faut-il encore les accepter, ce que je n'ai pas toujours su faire..) : les DVD, les articles du Savvy Magazine, les professionnels Parelli, le programme des Levels, le site, les autres propriétaires qui pratiquent l’approche Parelli, les stages,… Une fois qu’on a acquis plus de connaissances, c’est plus facile de changer son attitude et de vouloir s’y mettre et apprendre."  

Nous nous devons donc de recommencer de façon plus intelligente, et d’apprécier chaque instant de cette aventure en voyant les difficultés comme le début d’une nouvelle étape de notre apprentissage. Et la bonne nouvelle, c’est qu’à force de persévérance, cette connaissance est à nous pour toujours et que nous ne faisons ensuite plus les mêmes erreurs et possédons dans notre boite outil un tournevis permettant d'ouvrir n'importe quelle porte dont l'accès donne sur un nouveau chemin de progression et de connaissances!  

So...




lundi 24 août 2015

Qu'est-ce que le rassembler?

J'vous raconte pas dans quoi je m'embarque en posant cette problématique..
Mais que voulez-vous, la masturbation intellectuelle fait partie intégrante de ma personnalité (j'aime enculer les mouches, et que mes méninges se lancent dans une partouze sans fin


(Bisou sur tes p'tites fesses Johnny <3)



Laissons le sexe neuronale de côté (même si je sais que vous kiffez grave quand on parle de toute ça) pour revenir à nos moutons poneys.



Qui n'a jamais entendu "Voilà et maintenant rassemble-le" ou encore "il n'est toujours pas rassemblé là ton cheval", où "il se rassemble bien ton bourrin". A première vue, il semblerait donc que ce dit Rassembler soit une attitude que l'on peut demander et même constater. Toutefois, avant de savoir comment l'obtenir et la visualiser, allons poser la question à un grand spécialiste du dressage, j'ai nommé Michel Henriquet, aka White Mini Moustach', afin d'en connaître la définition:


"La meilleure image que l'on puisse donner du rassembler est celle du fauve qui bondit sur sa proie : il est parcouru par une vibration qui gagne toutes les parties de son corps préalablement disposées pour pouvoir instantanément se développer dans une action foudroyante.
En équitation sportive, le cheval se rassemble devant l'obstacle, pour s'enlever ensuite par la détente de tous ses ressorts musculaires parfaitement disposés et à la condition que son cavalier épouse au moins son équilibre. Il s'agit là du rassembler naturel et spontané.
En haute équitation, on peut le définir comme un état d'équilibre supérieur obtenu par la gymnastique et les assouplissements qui constituent les exercices d'écoles. C'est l'objectif, l'idéal de tout écuyer, c'est celui que nous allons méthodiquement poursuivre au fil de cet ouvrage. 
Le rassembler est réalisé par la flexion des hanches et des jarrets portés en avant et engagés, qui provoquent l'allègement et le relèvement du devant, et servent de ressorts à la masse, à tout instant et dans n'importe quelle direction. Le rassembler correct permet la répartition à volonté du poids et des forces entre l'avant et l'arrière-main. Le raccourcissement du poser des membres et leur rapprochement du centre de gravité assurent le maximum de mobilité en tous sens, rendent possibles les changements harmonieux et rapides d'allures, d'airs, de vitesse, et provoquent le relèvement brillant des gestes. 






Image tirée du site personnel des Henriquet et illustrant leur propre article sur le sujet.



(mon passage préféré ci dessous)
 Les idées fausses concernant le rassembler sont suscitées par des attitudes forcés obtenues par des compressions qui provoquent l'engagement abusif des hanches et empêchent le déploiement des jarrets, entraînant par la suite creusement du dos et refus d'engagement. 
Cet accident ne se produit jamais quand le rassembler découle de l'exécution progressive et sans force, des assouplissements par mobilisation infléchie et latérale : cercles, voltes, serpentines, huit dé chiffres, épaule en-dedans, appuyers, etc. Ils permettent au cheval de retrouver, sous le cavalier, son niveau optimal d'équilibre naturel; il engage ses forcés par une poussée permanente et dosée d'arrière en avant.
Le Maître Oliveira m'a dit un jour : « Lorsque je monte un poulain pour la première fois, j'ai déjà le rassembler dans la tète». Cela ne signifie pas qu'il le recherchait dès le débourrage, bien évidemment, mais qu'il le préparait dès les premières leçons. Il ne s'agit pas de forcer, mais de favoriser par des touches délicates, la mise en équilibre du jeune cheval qui débouchera, des années plus tard, sur le rassembler. 
Le ramener qui tend à la placer la tète du cheval le plus près possible de la verticale, n'est qu'un élément du rassembler ; il ne peut être envisagé en dehors du rassembler. Ce faux principe fait actuellement des ravages, la plupart des chevaux d'école se présentant au ramener sans être rassemblés. Cela résulte de la triste généralisation des rênes coulissantes (dites « allemandes ») complétée par le cisaillement à tours de bras de la bouche par le mors de filet."






Cimer Michou!  :biz:

Bon... Réflechissons. Est-ce que l'on a déjà vu un cheval "[être] parcouru par une vibration qui gagne toutes les parties de son corps préalablement disposées pour pouvoir instantanément se développer dans une action foudroyante" sans cavalier sur le dos...?:scratch:








:vi: YES we can!

 Et alors on tombe sur Pradier, qui nous balance : "L'attitude du rassembler elle même, anime le cheval qui l'adopte":boble:  ...
C'est qu'il a raison notre docteur! Si si petit lecteur, pour preuve regarde : prenons les paris et dis moi qui est capable de nous trouver une vidéo d'un cheval rassembler alors qu'il ne respecte pas son cavalier, ou alors qui n'est pas dans l'impulsion, ou bien encore qu'il se trouve dans une situation de stresse où le cavalier n'a plus aucun contrôle sur son cheval?  
Mais donc ça voudrait dire qu'au delà de l'aspect purement biomécanique ("Le rassembler est réalisé par la flexion des hanches et des jarrets portés en avant et engagés, qui provoquent l'allègement et le relèvement du devant, et servent de ressorts à la masse, à tout instant et dans n'importe quelle direction."), le rassembler englobe aussi le mental du cheval :scratch: .   

Soyons logiques (pas d'excuse pour les blondes!):
Afin de découvrir les autres composantes du rassembler qui s'inscriraient dans sa partie psychique, décomposons schématiquement et classons par ordre d'importance ce que tout cheval, avec un grand C, recherche instinctivement : 
  1. la sécurité
  2. le confort
  3. le plaisir


La sécurité:



Le cheval étant une proie, être en sécurité lui est vital. La confiance de cet animal de nature craintive (et ce d'autant plus lorsque celui qui l'aborde peut être considéré comme un prédateur) s'acquiert via le leadership. L'homme se doit, par conséquent de prendre le rôle du leader. Celui-ci implique quatre responsabilités: 


  1. ne pas agir en prédateur
  2. penser comme cheval
  3. utiliser le pouvoir naturel du focus
  4. avoir une assiette indépendante
Si ces quatre responsabilités sont tenues par le cavalier, le cheval lui accordera naturellement son respect, car l'animal dispose toujours de trois possibilités lorsqu'il se retrouve face à un homme qui lui demande quelque chose:
  1. fuir de six façons possibles (en avant, en arrière, à droite à gauche, en haut, en bas -Yannick est dans la place! "Ces soirées là, han, han"...:pan:-)
  2. manquer de respect de six façons
  3. céder de six façons 
Et là dans vos têtes vous vous rappelez du premier critère de notre pari: "dites moi qui est capable de me trouver une vidéo d'un cheval rassembler alors qu'il ne respecte pas son cavalier"... Si le cheval respecte l'homme, et que ce dernier se présente comme un leader à l'équidé, il vient alors d’acquérir le rassemblé mental. 







- Le confort 



Le confort est un état qui découle logiquement du contexte sécurisant dans lequel se trouve le cheval. Son synonyme pourrait être "l'équilibre". Cet équilibre d'un point de vue psychique, c'est l'impulsion (et là les dresseurs ont juste envie de me :tir: et sont persuadés que je yoyotte grave de la touffe, mais attendez la suite de mon propos pour me tuer)

L'impulsion est probablement l'un des concepts les plus galvaudés dans le monde équestre puisqu'il est, lui aussi, perçu comme une attitude, une action du cheval, alors qu'il s'agit avant tout d'un état.
En effet, beaucoup de cavaliers ont appris dans les manuels de la FFE que le cheval c'est trop génial l'impulsion s'obtient à partir du moment où leur monture se porte en avant. En réalité, l'impulsion est une énergie, certes motrice, mais générée par la tête du cheval et non ses postérieurs (ces derniers n'arrivent qu'au second plan). 
Toutefois, un cheval qui n'est pas dans l'impulsion semble agir en inversant ce système : les postérieurs passent avant le cerveau. Ces chevaux sont donc troublés sur le plan émotionnel : le cheval se propulse en avant grâce à son arrière main mais agit dans une pulsion de fuite (et là, normalement, une ampoule clignote au dessus de votre tête!); en clair il répond avec l'option n°1 que nous évoquions précédemment : "fuir de six façons possibles". D’autres en revanche n'utiliseront que très peu leur postérieurs (vous savez le poney flambi, gros mou du genou, qui fume son foin, eh bien voilà c'est lui !) et ont donc opté pour l'option n°2 : "manquer de respect de six façons".  
La vraie impulsion se situe donc à mi-chemin entre ces deux extrêmes: "Go = Ooh" et "Ooh = Go", comme dirait Big Moustach, et se base donc sur les émotions. 
Bienvenue chez la rassemblé émotionnel. Nous pouvons désormais  rayer le : "et dites moi qui est capable de me trouver une vidéo d'un cheval rassembler alors (...), qu'il n'est pas dans l'impulsion"



  

Le plaisir


Comment un cheval peut-il être rassemblé s'"il se trouve dans une situation stressante, où le cavalier n'a aucun contrôle sur lui" pour le rassurer? 

Il paraît en effet logique que la flexibilité physique d'un cheval résulte de sa flexibilité mentale. Pourquoi j'évoque ici la flexibilité, parce qu'un cheval qui n'en présente pas ne peut éprouver du plaisir. L'exemple type d'un cheval qui manque de flexibilité est celui qui rechigne à se diriger vers la carrière mais en revanche trottine sur le chemin du retour, ou encore qui se montre calme à la maison, mais ingérable en concours. 
Ainsi, si le cavalier possède lui même de la flexibilité (si j'en vois un me faire le grand écart et clamer : "c'est bon j'suis assez flexible?", je le :massue: ) et a su acquérir le rassembler mental et émotionnel, le rassemblé physique (qu'est celui dont parle Michel Henriquet) en découlera forcément puisqu'il est déjà contenu dans le processus de communication que vous avez engagé,  au préalable, avec votre cheval








Le rassembler se décompose donc en trois parties :


  1. le rassemblé mental
  2. le rassemblé émotionnel
  3. le rassemblé physique 
La dernière composante, si elle est juste, est indissociable des deux premières, alors que ces dernières peuvent être séparées de la troisième mais vont toujours de pair (ça fait très mathématique mon histoire).



 Ce que se bornent donc à nous présenter les dresseurs n'est qu'une partie émergée de l'iceberg et sa dernière composante! Si l'amalgame est autant généralisé c'est en partie parce que nous n'agissons en "leader". En effet, au lieu de "penser comme un cheval" nous l'approchons en faisant usage d'un raisonnement direct (contrairement aux équidés qui disposent d'un raisonnement latéral). Nous ne voyons que l’aspect physique de la chose et considérons alors le rassembler, l'impulsion, la légèreté, l'équilibre et bien d'autres encore, comme des attitudes, au lieu de les appréhender comme des états qui impliquent forcément le psychisme du cheval avant son métatarse (os du jarret) ou sa troisième phalange


 Nous pouvons donc que conclure que ces chevaux ne sont pas rassemblés:
















Contrairement à ces derniers: